Des bourses au lieu de l'aide sociale

Hälfte / Moitié

Deux tiers des jeunes qui bénéficient de l'aide sociale n'ont pas achevé une formation professionnelle. La Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS) demande aux cantons de leur fournir des bourses d'études qui couvrent le minimum vital.

Dans la plupart des cas, les bourses d'études, conçues uniquement comme des participations aux coûts, ne permettent pas aux jeunes d'en vivre, a relevé mardi devant les médias à Berne Dorothee Guggisberg, secrétaire générale de la CSIAS. Les adolescents et jeunes adultes dépendant de l'aide sociale sont particulièrement touchés par ce manque de financement.

Or la qualification professionnelle est une clé dans la lutte contre la pauvreté. La CSIAS estime que les coûts de formation ne doivent pas être à la charge de l'aide sociale. Elle demande aux cantons d'harmoniser le système des bourses d'études et celui de l'aide sociale.

Le canton de Vaud a "osé et réussi" à le faire, selon Dorothee Guggisberg. Le projet "bourses d'études plutôt qu'aide sociale" lancé il y a cinq ans a permis à environ 1400 jeunes adultes de commencer une formation professionnelle, a relevé Philipp Müller, secrétaire général adjoint du Département vaudois de la santé et de l'action sociale. Le taux de réussite est de 65%.

 

sda-ats  ( Source: Swissinfo )

 

 

Formation professionnelle et harmonisation entre bourses d'études et aide sociale:

 

Le modèle du Canton de Vaud

 

En 2006, le Canton de Vaud a lancé un projet pilote pour l'insertion professionnelle des jeunes adultes bénéficiaires de l'aide sociale (FORJAD). L'initiateur et le responsable était le département de l'action sociale soutenu par le département de l'économie et le département de la jeunesse.

De Philipp Müller, Secrétaire général adjoint du département de la santé et de l'action sociale du Canton de Vaud


L'objectif déclaré du projet était de permettre aux jeunes adultes le passage à une place d'apprentissage ou une formation professionnelle de base avec attestation fédérale de formation professionnelle (AFP).

 

Les bons résultats de FORJAD et la volonté politique de montrer et d'offrir aux jeunes systématiquement la voie hors de l'aide sociale vers une formation professionnelle ont abouti dès 2009 à l'introduction définitive de FORJAD à titre de programme d'insertion. L'une des conditions majeures pour ce faire était l'harmonisation complète des normes financières de soutien entre l'aide sociale et le système des bourses d'études. 600 jeunes adultes ont ainsi pu sortir de l'aide sociale. Par ailleurs, 1'700 familles working poor en dehors de l'aide sociale ont bénéficié d'une augmentation souvent considérable des bourses d'études de leurs enfants. Le budget du système des bourses d'études a été majoré de quelque 26 millions de francs, il se monte aujourd'hui à près de 60 millions de francs.

Grâce à FORJAD, près de 1'500 jeunes adultes ont pu commencer une formation professionnelle au cours de ces cinq dernières années. Le taux de réussite est de 65% (poursuite de la formation ou diplôme de fin d'apprentissage). Quelque 70% des jeunes adultes suivent une formation professionnelle duale dans une entreprise – l'éventail des professions est très large. Depuis le début du programme, près de 300 apprentissages ont été menés à terme. Une année après la fin de leur apprentissage, la plupart des jeunes adultes ont trouvé un emploi dans le domaine dans lequel ils et elles ont été formés. Aujourd'hui, le Canton de Vaud connaît un droit subsidiaire à la formation professionnelle. Il considère que les dépenses supplémentaires engendrées sont un investissement judicieux dans l'avenir.

 

Zurück


Unterstützen Sie den Mediendienst
Hälfte/Moitié mit einer Spende über PayPal:



Bitte teilen Sie unsere Artikel: