La lettre d’information Hälfte/Moitié est publiée depuis vingt ans

Paul Ignaz Vogel

Pendant les années où j’étais au chômage, j’ai développé l’idée de publier régulièrement des tracts sur la situation des personnes sans travail rémunéré. J’étais membre du Comité de chômeurs-euses à Berne. Et je devais constater que nous, chômeurs et chômeuses, étaient peu présent-e-s dans les discours publiques sur le chômage. Ainsi j’ai publié le 28 juillet 1996 la première newsletter en allemand. 

Le titre du premier texte était « De l’esprit du capitalisme – et les chômeurs-eueses condamné-e-s. » . Et le titre « Moitié » évoque l’ idée du partage, c’est-à-dire l’ acte de solidarité. En plus « Hälfte / Moitié »  s’engage en faveur de la pluralité de langues en Suisse et de l’équilibre entre les différents groupes ethniques et culturels.

Les discours publics des années nonante du siècle passé étaient basés sur la dégradation du régime de l’assurance-chômage. On appelait ceci des « révisions » - dans un esprit bien néolibéral. A cause de la majorité parlementaire, les représentant-e-s des travailleurs et travailleuses n’avaient qu’à jouer un rôle passif. Les syndicats étaient liés au partenariat social, par lequel la dégradation de la Loi sur l’assurance-chômage fut définitivement approuvée. Une dernière révolte de l’opposition des groupes concernés eut du succès dans une campagne référendaire, mais c’était une victoire à la Pyrrhus. Et puis, pendant les déceénnies suivantes, de larges couches sociales ont glissé en bas de la société et la nouvelle pauvreté s’est installée. 

L’idée trompeuse d’un essor économique permanent    

Dans les débats sur l’assurance-chômage la gauche parlamentaire insistait sur le plein emploi. La crise de l’emploi semblait être temporaire et non pas structurelle. On croyait qu’ elle disparaîtrait avec l’amélioration de la situation économique. Le but était d’optimiser le social par la haute conjoncture. Et les syndicats se trouvaient liés à la dégradation de l’asssurance-chômage par la gestion de leurs caisses d’assurance-chômage rentables. 

Le démontage de la paix sociale

Les Comités de chômeurs-euses ont largement insisté sur le fait que les personnes en fin des droits et le chômage de longue durée amèneraient des charges supplémentaires aux communes. Mais nous n’étions nullement entendus. Ou on nous montrait un sourire sympathique. 

Les chômeurs et chômeuses de moyenne et longue durée devaient recourir de plus en plus souvent à l’aide sociale des communes qui est financée par des impôts. Les prestations sociales furent donc victimes de la politisation. Fini le partenariat social qui fonctionne par l’auto-assistance paritaire ! 

Voici la première édition de notre lettre d’information : 

http://www.haelfte.ch/tl_files/haelfte/theme/Bilder/Logos/Hälfte1-96.PDF

 

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