Lutte contre la pauvreté dans le canton de Vaud

Sonya Mermoud / L’Evénement syndical

Le résultat du vote soumis au peuple vaudois le 15 mai dernier ne laisse pas planer le doute : les arguments de celles et ceux qui se sont battus en faveur d’une loi sur les prestations complémentaires pour familles étaient tout simplement les meilleurs.

Les prestations complémentaires pour familles ne sont pas une prestation sociale de plus, comme a voulu le faire croire une certaine droite, mais un instrument destiné à opérer un rééquilibrage dans un système où salaire rime parfois avec précarité financière, notamment pour les familles.

 

Les prestations complémentaires pour familles viennent, comme leur nom l’indique, compléter le revenu obtenu par l’exercice d’une activité lucrative, mais qui ne permet plus de garantir des conditions de vie décentes. Comme le précise en p. 17 la brochure distribuée aux électrices et électeurs du canton de Vaud, « les PC Familles s’adressent aux familles domiciliées dans le canton depuis au moins trois ans, disposant d’un permis de séjour, qui vivent avec des enfants âgés de moins de 16 ans. Elles travaillent, mais leur revenu ne leur permet pas de couvrir leurs charges minimales reconnues. »

 

Les prestations complémentaires pour familles ont déjà été introduites dans trois cantons de notre pays (TI, SO, GE), avec des variations, et vont donc l’être également dans le canton de Vaud suite à la votation du 15 mai 2011.

 

Encore un mot concernant le financement de ces prestations en terre vaudoise. La brochure citée plus haut mentionne à la p. 19 que le financement « serait assuré pour les deux tiers par les collectivités publiques. Pour le solde, il est prévu de prélever une cotisation de 0,06% sur la masse salariale soumise à l’AVS auprès des employeurs ainsi qu’auprès des personnes exerçant une activité salariée ou indépendante. »

 

Intégration prioritaire

 

En acceptant la loi sur les prestations complémentaires pour familles à 61.1 %, les Vaudois et Vaudoises ont démontré leur sens de la justice et de la solidarité. Justice parce qu’un système où le fruit du travail ne permet plus de garantir l’intégration matérielle et sociale doit être repensé et solidarité parce que les prestations dont il s’agit permettront à des familles et notamment à des enfants de rester inclus dans une société où les critères liés à l’intégration sociale sont de plus en plus élevés.

 

C’est ainsi qu’il ne fait pas bon être un enfant privé de loisirs pour des raisons financières, ou un adolescent qui doit sans cesse recourir à de nouvelles excuses pour justifier auprès des copains qu’il ne peut pas aller au cinéma avec eux, pour ne citer que deux petits exemples.

 

Action concrète

 

La victoire de cette loi dont la cheville ouvrière a été sans conteste Pierre-Yves Maillard n’est toutefois pas seulement la victoire du parti socialiste vaudois ou de la gauche, soutenue pour l’occasion par des personnalités du centre et de la droite.

 

Cette victoire est celle de l’action concrète, de la mise en oeuvre de mesures destinées à venir en aide à une part croissante de la population touchée par la précarité, qui a notamment gagné en visibilité depuis que des actions ont été entreprises en Suisse durant l’Année 2010 de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, entre autres par la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS). L’opprobre n’est plus à l’ordre du jour.

 

Si les familles vaudoises en situation précaire peuvent se réjouir d’un soutien bienvenu, les seniors n’ont pas non plus été oubliés : les chômeuses et chômeurs se trouvant à deux ans de la retraite bénéficieront désormais d’une rente-pont leur permettant d’éviter l’aide sociale comme couronnement de leur carrière professionnelle. Le financement de cette prestation est analogue à celui des PC Familles.

 

Et l’avenir ?

 

Un autre objet soumis au vote des Vaudoises et Vaudois était l’introduction d’un salaire minimum. Refusé de justesse (51.1%), cet objet n’est cependant pas remis en cause quant à sa légitimité, d’autant plus qu’une initiative sur les salaires minimums au niveau fédéral est actuellement en circulation.

 

Quand 10% des familles vaudoises sont des ménages pauvres, des mesures correctives, comme celles qui ont été adoptées le 15 mai, sont extrêmement importantes, mais l’introduction d’un salaire minimum contribuerait très certainement à réduire la pauvreté en amont, ce qui ne serait pas un luxe dans une société qui pratique l’exclusion à une si large échelle.

 

Voir :

http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/votations_elections/fichiers_pdf/Brochure-LPC-fam-web.pdf

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