Politique cantonale genevoise en matière de chômage

Hälfte / Moitié

(Communiqué) La Communauté genevoise d’action syndicale a pris connaissance des grandes lignes et conclusions du rapport établi par la Cour des comptes en matière de poli­tique publique de réinsertion professionnelle des chômeurs-euses en fin de droit. Dans un contexte de politiques patronales d’accentuation de la précarisation de l’emploi et de pression sur les salaires, la CGAS constate que les politiques actuelles sont inefficaces voire nuisibles. 

A sa manière le rapport met en évidence que la « révolution copernicienne » en matière de politique de réinsertion professionnelle voulue en 2007 par le Conseil d’Etat et sa « mesure phare » des Emplois de solidarité (EdS), obtiennent, selon la Cour, des résultats « mitigés », selon la CGAS des résultats inférieurs par rapport à la poli­tique précédente. La suppression des emplois temporaires remplacés par les Eds, la suppression du RMCAS et l’introduction du stage d’évaluation constituent un moins pour le soutien aux chômeurs-euses : moins de suivi personnalisé, moins d’information sur les mesures, et surtout moins d’accès aux mesures cantonales de réinsertion. Si en 2007 une personne au chômage sur deux avait accès à une mesure cantonale, en 2012 le Canton n’offre cette possibilité qu’à 15% des personnes au chômage. Les conséquences dénoncées depuis longtemps par la CGAS sont bien décrites dans le rapport. La nouvelle politique a été conduite avec un retrait de l’enga­gement des pouvoirs publics dont l’effort financier a été réduit de moitié : de 89 mil­lions de francs en 2007 à 45 millions en 2012. Les conséquences de ce retrait sont gravissimes : recours accru à l’aide sociale et pour les chômeurs, perspective d’exclusion durable plutôt que de réinsertion. 

Précarisation accrue 

Dans un contexte de politiques patronales d’accentuation de la précarisation de l’emploi et de pression sur les salaires, la CGAS constate que les politiques actuelles sont inefficaces voire nuisibles. Elles aboutissent à la stigmatisation des personnes sans emplois et concourent à préparer le terrain du discours xénophobe. La CGAS préconise de changer de cap et de revoir de fond en comble la politique cantonale en matière de chômage. Les grandes lignes de cette révision passent par la fin des politiques d’austérité publique qui ont sous-développé l’emploi public, par une offensive de diversification de l’emploi dans le secteur privé pour permettre l’accès au marché du travail aux personnes moins qualifiées, par de nouvelles responsabilités pour l’Etat, car il en va de la cohésion sociale. 

Ainsi, le PL 11501 déposé par les partis de l’Alternative avec le soutien de la CGAS devant le Grand Conseil le 22 août 2014,  et toujours en attente de traitement, préconise :

-       Un programme cantonal de création d’emploi financé par le Canton : il s’agit en premier lieu de transformer les quelques 1.700 emplois qui ont été dégradés en sous-emploi en de vrais emplois avec salaire conforme aux Conventions collectives ou au Statut de l’association qui emploie, en lieu et place des EdS et autres emplois de réinsertion pilotés par l’Hospice général.

-       Un soutien personnalisé à la recherche d’emploi, y compris pour les chômeurs de longue durée aujourd’hui quelque peu laissé pour compte, tenant compte des besoins, du parcours, des aspirations et des possibilités, avec un renforcement conséquent de l’effectif du personnel de l’OCE appelé à fournir ce soutien personnalisé.

-       Un véritable droit à la formation et des conditions de rémunération correctes lors de celles-ci, y compris pour des formations longues afin d’acquérir un diplôme. 

28 avril 2015 

Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation  faîtière  regroupant  l’ensemble  des  syndicats  de la  République et canton de Genève. 6, rue des Terreaux-du-Temple  -  1201 Genève  - www.cgas.ch - info@cgas.ch tél. +41 (0) 22 731 84 30

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