Une Suisse schizophrène

Ralph Kundig

Une population qui augmente trop rapidement. Des routes et des trains encom-brés. Des logements devenus trop chers, souvent trop éloignés du lieu de travail. Des revenus qui naugmentent plus. Des charges assurance-maladie, transports, coût de la vie qui, elles, pèsent toujours davantage. Un filet social qui commence à se déchirer, des aides et des prestations en voie de réduction.

Un cocktail qui explique le ras-le-bol de nombreux habitants de ce pays pourtant riche, pour lesquels l’étranger fait un si bon bouc émissaire. 

Le 9 février 2014 venait à point. Dire enfin non à ce qui ne va plus en Suisse. Et, du coup, contrôler l’immigration et contrôler la main-d’œuvre étrangère ont semblé, à une majorité de ceux qui sont allés voter, le double remède miracle. On n’a pas voulu entendre ceux qui annonçaient la rupture des accords bilatéraux, préférant croire les affirmations naïves pour ne pas dire mensongères de l’UDC, qui assurait qu’un bon négociateur convaincrait facilement Bruxelles. On n’a pas écouté les représentants de l’économie qui voulaient bien vivre avec l’initiative, à la condition expresse d’avoir la permission d’engager tous les étrangers dont ils estimeraient avoir besoin. 

Répondre aux craintes 

Or, si l’on voulait vraiment répondre aux craintes et au mal-être de beaucoup de nos compatriotes, il faudrait réduire le nombre des entreprises et des emplois, alourdir l’imposition des entreprises et augmenter leurs charges sociales, notamment l’assurance-invalidité et l’assurance-chômage. Il faudrait investir massivement dans le lo-gement et les infrastructures de transport, dans la recherche et la formation. Il faudrait aussi laisser le marché éliminer les entreprises les moins rentables et procéder de fait à une restructuration en profondeur de l’économie du pays. 

Mais voilà qu’aujourd’hui deux éléments nouveaux viennent provoquer, beaucoup plus efficacement que ne le ferait le contrôle de la main-d’œuvre étrangère, le ralentis­sement de l’activité économique et donc la diminution de l’emploi souhaitée par les auteurs de l’initiative populaire acceptée il y a tout juste un an – et de l’initiative Ecopop rejetée à fin novembre dernier. Ce sont la fin des accords bilaté­raux et la hausse du franc suisse qui toutes deux vont mettre en péril nombre d’entreprises et de postes de travail dans ce pays. 

Il faudrait donc se réjouir de ce double coup de frein et se contenter de prévoir des programmes de relance et d’investissements, de renforcer la recherche et la forma­tion. En réalité, l’idée même que la conjoncture économique conduise, par cette voie, à la réduction de la main-d’œuvre étrangère, prétendument voulue par le peuple, affole le monde politique et les entreprises. 

Privilèges fiscaux 

La fin des privilèges fiscaux accordés aux entreprises à statut spécial, qui ne payaient pas d’impôts cantonaux et communaux sur les bénéfices acquis à l’étranger, est symptomatique de cette schizophrénie: alors que l’on aurait pu en profiter pour laisser au moins une partie de ces sociétés quitter la Suisse en les imposant normalement, on préfère baisser les impôts de toutes les personnes morales, au prix de réductions massives des recettes fiscales des cantons et communes. Contrairement à la volonté présumée du peuple, les élus veulent par-dessus tout éviter que ces sociétés délocalisent leurs activités, alors que leur départ contribuerait certainement à réduire l’emploi et notamment la main-d’œuvre étrangère. 

Et puisque les politiques contredisent une volonté populaire qu’ils ne parviennent pas à réaliser, et pour cause, les gérants de la Banque nationale leur viennent en aide. La suppression du taux plancher de l’euro face au franc pourrait bien entraîner une double diminution: celle des exportations de produits et de savoirs suisses et celle des arrivées en Suisse de travailleurs et de compétences.

Source : Domaine Public, 09.02.2015

http://www.domainepublic.ch/articles/27226

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7 mars 2015 : tous et toutes
à Berne !

Grande manifestation : Égalité salariale maintenant. Pas de relèvement de l’âge de la retraite des femmes.

(USS) Nous les femmes, nous en avons assez. Bien que la Constitution fédérale prescrive depuis 34 ans l’égalité salariale entre femmes et hommes, nous gagnons toujours, pour un travail de valeur égale, 20 % environ de moins que les hommes. Et alors que cette différence avait au moins diminué jusqu’en 2010, elle s’est même re­mise à grandir ces dernières années. 

Chaque année, nous les femmes sommes privées d’environ 7,7 milliards de francs à cause de notre sexe. Par femme, cela représente 677 francs par mois, 8 000 francs par année. De l’argent qui nous manque aujourd’hui et nous manquera plus tard dans nos rentes de vieillesse. Ainsi, chacune perd 380 000 francs en moyenne pour le calcul de son AVS. 

http://www.uss.ch/themes/egalite-des-sexes/article/details/7-mars-2015-tous-et-toutes-a-berne/ 

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La CSIAS lance une consultation sur ses normes

Entre début février et mi-mars, la CSIAS organisera une consultation interne à l'association sur les normes CSIAS. Par la suite, les normes seront partielle­ment révisées au 1er janvier 2016.

Cette révision est motivée d'une part par le fait que la dernière révision totale des normes CSIAS remonte à dix ans. D'autre part, la CSIAS accepte la critique formulée à l'égard des normes CSIAS et fait face à la discussion. La consultation porte entre autres sur le forfait pour l'entretien, les incitations financières et les possibilités de sanctions. (CSIAS 30.01.2015)

http://csias.ch/news/detail/skos-eroeffnet-vernehmlassung-zu-ihren-richtlinien/

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