Union syndicale suisse: Succès de la campagne pour un salaire minimum

Union syndicale suisse

L’Enquête sur la structure des salaires (ESS) 2014 montre que plusieurs choses ont évolué positivement. Tout d’abord, en raison de la campagne de l’Union syndicale suisse (USS) pour un salaire minimum de 4000 francs, de nombreuses entreprises ont augmenté les salaires les plus bas. Dans le domaine des bas salaires, on observe une hausse des salaires réels de 7,1% entre 2010 et 2014. A qualifier de positif également, le fait que la différence de salaires entre femmes et hommes se soit amoindrie.

Là aussi, les activités syndicales contre les discriminations salariales ont porté leurs fruits. Et enfin, les salaires réels médians des employé-e-s sans fonction de cadre ont augmenté de 2,5% entre 2012 et 2014. Etant donné la surévaluation du franc et les exigences de baisse ou de retenue sur les salaires qu’elle entraîne, ce résultat est appréciable. Le recul des salaires que décrit l’ESS sur les 10% des salaires les plus élevés (décile supérieur) est toutefois douteux. Ce résultat contraste non seulement avec les informations venant des sphères dirigeantes, mais aussi avec les statistiques de l’AVS de l’Office fédéral des assurances sociales. Celles-ci indiquent une évolution stable pour les 10% des salaires les plus élevés pour 2012 et 2013. Malgré cette évolution positive à certains égards,

il y a toujours nécessité d’agir sur plusieurs points : 

→ Davantage de conventions collectives de travail (CCT) avec de bons salaires minimums. En Suisse, seule la moitié des salarié-e-s est actuellement protégée par des CCT. Point positif à relever: les nouvelles CCT dans les échoppes de stations-services et les call-centers. 

→ Des mesures efficaces pour éliminer les discriminations salariales qui pénalisent les femmes. Concrètement : des contrôles conséquents des salaires dans le cadre du partenariat social. Les propositions du Conseil fédéral ne vont pas résoudre le problème de la discrimination salariale. 

→ Des augmentations des salaires réels dans les branches où le niveau des salaires recule, dans le second œuvre par exemple. Les salaires réels ont légèrement baissé entre 2012 et 2014, bien que les entreprises fassent de bonnes affaires.  

→ Un renforcement des mesures pour imposer les salaires usuels selon le lieu, la profession et la branche, pour lutter contre la sous-enchère salariale. Il faut en priorité plus de contrôles, de meilleurs instruments de mise en œuvre (instauration conséquente d’arrêts du travail) ainsi qu’un registre professionnel où l’on puisse savoir quelles entreprises contrôlées sont en règle. Cela correspond aussi à un besoin des grands maîtres d’ouvrage. 

(Communiqué USS, 30.11.2015)

 

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